Prise en compte de l’arbre dans les projets d’aménagement - le pacte Lille bas Carbone

2023
Aménagement du territoire : Démarches de planification en faveur de la biodiversité
Lille
Communes de plus de 100 000 habitants

Organisme / institution en charge de la mise en œuvre : Ville de Lille

Services de la collectivité associés : Direction Nature en Ville, Service transition Ecologique

Budget : /

Partenaires financiers : /

Partenaires techniques : /

Date de début : 01/01/21

Date de fin : /

Objectifs :

La ville de Lille et ses communes associées se sont inscrites depuis de nombreuses années dans une démarche d'urbanisme négocié qui s'applique à chaque projet et s'illustre par la définition partagée des ambitions et des règles fixées pour le territoire. La signature du pacte Lille Bas carbone, en 2021, par près de 150 partenaires, renforce les engagements des acteurs de la fabrication de la ville. Ce pacte oblige au respect d'une ambition commune de réduction massive d'émissions de gaz a effet de serre, d'adaptation aux changements climatiques, de préservation de l'environnement et de la biodiversité et d'amélioration du bien-être des habitants en appliquant les préconisations s'y trouvant. Le pacte est volontariste puisque les signataires conviennent de se l'imposer mutuellement et de viser sa traduction réglementaire dans les documents de planification urbaine.
Parmi les six priorités définies, la troisième concerne la Nature, la biodiversité et l'agriculture urbaine. Les actions et préconisations proposées dans ce champs là ont vocation à améliorer la biodiversité, la gestion de l'eau et à préserver les écosystèmes. Les exigences du pacte Lille Bas Carbone sont priorisées, précises quant au résultat à atteindre, réalisable et mesurables.

 

Mesures mises en œuvre :

Un club Lille Bas Carbone pilote et anime ce pacte pour que la collaboration de tous les partenaires soit permanente. Il s'agit de faire circuler les informations entre les partenaires par la rédaction de fiches de préconisations courtes qui constituent le référentiel "Lille Bas Carbone", par l'organisation d'ateliers thématiques qui permettent le partage de bonnes pratiques entre les signataires, par la mise en place d'un espace dédié sur le site internet de la ville où les actualités et ressources sont disponibles et qui valorisent le travail accompli vers l'extérieur. La synergie entre les acteurs locaux est ainsi facilitée.
Cette dynamique implique que la conception d'un projet d'aménagement ou d'urbanisme se fait systématiquement en identifiant les enjeux en amont de la définition du projet : diagnostic écologique du site obligatoire afin que le projet puisse être établi en préservant la biodiversité plutôt que de compenser ultérieurement. Tout signataire s'engage à  contacter les services de la ville le plus en amont possible afin d'orienter au mieux le projet au regard des exigences souhaitées, il s'engage à respecter la méthode qui consiste à anticiper, coopérer et évaluer les actions réalisées.
Une liste de plus de 100 exigences opérationnelles décline les six priorités en deux niveaux : un niveau "socle" rassemble les actions impactantes qui s'appliquent systématiquement à tous les projets et un niveau "avancé" comprend des actions encore plus poussées qui s'appliquent au choix de chaque projet.

Pour la biodiversité, la réalisation d'un diagnostic écologique permet de caractériser les sites et de mettre en évidence leur potentiel à exploiter. Parmi les exigences socle, la sauvegarde des arbres existants et notamment les arbres remarquables est un impératif. Cela ne veut pas dire que tout abattage est proscrit mais cela rend plus difficile ces actions et la réflexion sur les moyens de réaliser le projet en évitant les abattages sauve un certains nombre de sujets. Quand un abattage est nécessaire, une autre exigence socle est la compensation de l'abattage d'un arbre par la plantation de trois nouveaux sujets. Il est vrai qu'à court terme trois jeunes arbres ne compenseront pas la perte d'un individu plus âgé mais c'est un pari sur l'avenir et une amélioration de l'environnement sur le moyen/long terme. Les exigences impliquent aussi de veiller à la préservation de la biodiversité pendant les chantiers, par exemple : protection des troncs d'arbres.

 

Résultats / impact pour la biodiversité :

Tout porteur de projet professionnel s’engage à respecter ces exigences sur les opérations qu’il réalise sur le territoire lillois, que ce soit pour de la construction neuve, de la rénovation, de l’aménagement, de logements, commerces, bureaux, etc. L'un des résultats les plus flagrants est l'implication réelle des partenaires dans le respect des exigences qui ne sont pour l'instant pas opposables. Les services de la Ville sont régulièrement sollicités par les aménageurs pour que les projets soient, dès le départ, le mieux orientés possibles.
Plus concrètement, sur le grand projet d'urbanisme RHD2, un grand nombre d'arbres a été sauvé grâce à leur prise en compte dès la définition du projet . En effet, après un diagnostic sanitaire des arbres, 106 arbres n'ont pu être conservés mais, parmi eux, 96 étaient classés en état mauvais à médiocres et se révélaient dangereux. Pour chacun de ces arbres abattus, 3 arbres seront replantés dont les trois quarts (240) sur le site. Parallèlement, 176 arbres présents sur le site ont été conservés dont tous les arbres en meilleur état.
Le parvis de la mairie du quartier bois-blanc a également été conçu autour des arbres en place préservant des cœurs de biodiversité de petite taille mais respectueux de la biodiversité du sol et des sous bois.
Le maintien du bois mort en place est également une préconisation systématique pour permette à une flore, une fonge et une faune spécifique de s'installer et aussi pour la réalisation d'abris à faune.

 

Contact :
Cédric DEVIGNE , Chargé de mission biodiversité
cdevigne@mairie-lille.fr