Sauvegarde et restauration de la petite faune de plaine agricole

2018
Aménagement du territoire : Démarches de planification en faveur de la biodiversité
Ingré
Communes de 2000 à 20000 habitants

Organisme/institution en charge de la mise en œuvre : la ville d’Ingré
Services de la collectivité associés : Direction générale ; Service jeunesse (éducation à l’environnement) ; groupe de travail Développement durable
Budget : 25 000 €
Partenaires financiers : Région Centre Val de Loire ; Réseau de Transport Électrique (RTE) ; Fédération Départementale des Chasseurs du Loiret (FDC 45) ; Hommes et Territoires
Partenaires techniques : Loiret Nature Environnement (LNE) ; Fédération Départementale des Chasseurs du Loiret (FDC45 – programme Agrifaune) ; Homme et Territoires - Société de Chasse et de Protection de la Nature d’Ingré ; Agriculteurs exploitants sur le site
Date de début du projet : 01/01/2016
Date de fin : 01/01/2020


OBJECTIFS
Dans le cadre de son Agenda 21 lancé en 2011, la ville d’Ingré a réalisé en 2012 et 2013 un inventaire de Biodiversité Communale (IBC) en partenariat avec Loiret Nature Environnement et avec le soutien de la Région Centre Val de Loire. Parmi les préconisations formulées dans l’IBC, figure la nécessité de préserver la petite faune de plaine et d’améliorer l’effectif des populations de Perdrix grise.
Les études récentes du CNRS et du Museum national d’Histoire naturelle ont fait un constat alarmant sur la perte du tiers des oiseaux en milieu agricole. La perdrix, espèce emblématique des plaines céréalières, est en voie d’extinction. Sur le territoire d’Ingré, la Perdrix grise est devenue l’ambassadrice idéale pour sensibiliser tous les acteurs du territoire aux enjeux de biodiversité. En mars 2016 les élus et les services de la ville ont mis en place un groupe de travail associant toutes les parties prenantes afin de développer un programme de protection. Il s’agit de restaurer les capacités de nichage et d’élevage des jeunes en recréant des zones de refuge, de nidification et de nourrissage, de protéger l’espèce des chiens des promeneurs, des véhicules motorisés (type quads) et d’adapter les pratiques de gestion en bordure de champs (particulièrement entre mai et août). Une opération complémentaire de suivi des prédateurs de couvées de perdrix a été initiée sous l’égide de l’ONCFS.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE
Après les expertises naturalistes et les relevés effectués par les stagiaires du programme national « agrifaune », le groupe de travail en charge de suivre le projet a lancé plusieurs actions depuis 2017. Les réunions régulières permettent de faire le bilan des actions menées et de les améliorer. Le plan d’actions du programme de protection, sera suivi jusqu’au printemps 2020, période à laquelle un bilan global sera établi adapter le plan en fonctions des résultats obtenus. Les mesures mises en œuvre dans la phase initiale ont été les suivantes :

  • préservation des terres agricoles et naturelles de la commune par classement dans le futur plan local d’urbanisme, soit 160 ha (+7 %) ;
  • diagnostic des bords de champs selon la méthode « écobordure » ;
  • adaptation des pratiques agricoles à travers l’élaboration d’une charte de bonnes pratiques (gestion des bords de champs, mise en place de haies de séparation de parcelles de culture, fauchage et broyage adaptés sur les zones et dans les périodes de nichage) ;
  • plantations des pieds de pylônes électriques, en partenariat avec RTE, avec des espèces labellisées « végétal local » ; quatre sites ont été plantés en mars 2018 avec un groupe d’enfants de l’accueil de loisirs, les associations naturalistes locales et la société de chasse et de protection de la nature ;
  • réalisation de panneaux de sensibilisation sur le respect des chemins agricoles et des zones de reproduction de la perdrix grise ; huit panneaux fixes implantés aux emplacements stratégiques de passage et une quarantaine d’affiches mises à disposition des agriculteurs et des chasseurs pour implantation mobile lors de la saison de nichage ;
  • actions « jachères » et arrêts des prélèvements de perdrix lors de la saison de chasse 2016-2017, renouvelés en 2017-2018 et 2018-2019 ;
  • participation des établissements scolaires et du Centre de loisirs à travers des programmes pédagogiques spécifiques ;
  • installation de nichoirs à la ferme et en ville (parc de Bel Air, église, nouveau quartier des « Jardins du Bourg »…) ;
  • suivis de biodiversité (comptages, étude entomologique…).

 

RÉSULTATS/IMPACT POUR LA BIODIVERSITÉ
Plusieurs résultats sont déjà observables :
les agriculteurs ingréens se sont tous engagés en faveur de la charte des bonnes pratiques agricoles ;
une expérimentation avec deux agriculteurs pour la mise en place de zones de refuges et de semis de plantes sauvages en bordure champ sur leur exploitation (bande de 200 m sur 1,50 m de large, complétée par une bande non-traitée largeur de 6 m) ;
quatre pylônes RTE ont été aménagés en « refuge de biodiversité », la prochaine étape envisagée est de planter une haie d’espèces végétales locales le long d’un sentier pédagogique communal aménagé ;
une stabilisation des effectifs, voire une très légère croissance selon les inventaires menés en 2018 par la FDC45 et la société de chasse locale montrent.


Contact :
Jérôme BEYLER, chargé de missions Développement durable
Dev.durable@ingre 
beyler.j@ingre.fr
02 38 22 85 22