Pâturage extensif et production de viande en agriculture biologique

  • 2014
  • Biodiversité locale : gestion et suivi
Lille (Nord)
  • Communes de plus de 100 000 habitants

Budget : 8.000 € pour la création des enclos au Parc de la Citadelle, Parc des Buissonnets et Triangle des Rouge Barre.

Partenaire financier : Partenariat à titre gratuit avec l'éleveur

Partenaires techniques : L’éleveur et sa coopérative : la Ferme du Beau Pays

Dates du projet : Depuis 2007


Depuis 2007 et afin d’optimiser la gestion sur des sites difficiles d'accès (Haut de remparts) de lutter contre les invasives (ex : renouée du japon au Triangle des Rouges Barres) ou de limiter les ligneux et restaurer la biodiversité prairial (faune et flore), la Ville de Lille a mis en place l'accueil de troupeaux sur différents sites. Partant de zones de type friches à caractère écologique mais fermées au public, les bêtes sont aujourd'hui également installées sur des espaces à forte fréquentation.

Ainsi, la Ville de Lille accueille des troupeaux sur 12 hectares repartis sur quatre sites en pâturage extensif, dans le cadre de conventionnement avec un éleveur bio du territoire (Ferme Beau Pays), ce qui permet  de développer une agriculture bio de proximité avec circuit court et de sensibiliser le public aux pratiques écologiques et au rapport à l'animal "d'élevage".

La Direction Parcs et jardins a installé des cheptels différents selon les sites :

  • des vaches Highland Castle à la Citadelle
  • des moutons Soay sur les remparts de la Citadelle (même dans la zone militaire), sur le verger haute tige du Parc de Buissonnets et sur l'espace naturel du Triangle des Rouges barres.
  • des chèvres poitevines au Triangle des Rouges Barres

Afin de ne pas sur-pâturer les prairies, l'équipe et l'éleveur font un calcul précis de la charge pastorale en fonction des besoins du site.

Les sites, ouverts au public, ont été aménagés pour garantir la sécurité et le confort des animaux et du public grâce à la pose d'enclos, l’installation de passerelle d'accès, d’abri et de points d'abreuvage.

Les bêtes font l'objet d'un suivi vétérinaire entrant dans le cahier des charges en agriculture biologique et, selon les préconisations de la ville sans utilisation de vermifuges vulnérant pour l'entomofaune. Les bêtes font ensuite l'objet d'une consommation sur le territoire lillois avec la vente sur le marché de Lille-Wazemmes.

La ville valorise cette action de manière transversale, en faisant notamment le lien avec la dimension patrimoniale de lieux comme le Parc de la Citadelle grâce à l’organisation d'une transhumance avec les troupeaux et les chiens de berger dans le cadre du printemps de la Citadelle et la mise en place d'une signalétique informative sur les sites pour expliquer la démarche du pâturage.

Ainsi, les effets sur la biodiversité locale se font déjà ressentir.

En effet, au niveau de la Citadelle, on assiste au retour de différentes espèces de coléoptères coprophages. Deux cantons de gobe mouches gris (disparu du territoire depuis plusieurs années) ont été constatés sur la zone pâturée de la Citadelle.

Au niveau flore sur la zone humide, il y a une réapparition d'une végétation intéressante à classer dans le groupement des prairies à pulicaire dysentérique et Jonc glauque ainsi qu'une version basale de la prairie à Jonc comprimé.

Sur les remparts, le Rorippe sylvestre et d'un pied de Séneçon à feuille de roquette ont réapparus.

Enfin, sur le triangle des Rouges-Barres (friche ferroviaire), on assiste à une réapparition du milieu herbacé au détriment des seules ronciers et massifs de vigne vierge, avec retour des graminées et d'un cortège floristique diversifié dont une espèce protégée : Astragalus glyciphylos. La renouée a ainsi reculée de 60 % sur la zone pâturée.


Cécile SCHLEUNIGER, Directrice Parcs et Jardins

cschleuniger (at) mairie-lille.fr

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