Parc Saint Vicens

2015
Biodiversité locale : gestion et suivi
Perpignan (Pyrénées Orientales)
Communes de plus de 100 000 habitants

Organisme en charge de la mise en œuvre : Ville de Perpignan.

Service de la collectivité associé : Direction Cadre de Vie.

Partenaires financiers et techniques : Perpignan Méditerranée Agglomération, Région Languedoc Roussillon, Agence de l’eau.

Dates de l’action :

2004 : Réunions de concertations avec les riverains ;

Décembre 2004 : Autorisation préfectorale du projet hydraulique ;

Décembre 2005 : Réalisation du dossier hydraulique par BRL assisté d’ALEP ;

Juillet 2006 : Présentation du projet aux habitants ;

Août 2006 : Réalisation du projet paysager par ALEP, paysagiste, et Mahaut Michez, paysagiste, associés à Sol Paysage, BET Sols fertiles et tensiométrie ;

Novembre 2006 : Début des travaux ;

Janvier 2008 : Livraison des travaux hydrauliques ;

Août 2009 : Livraison des travaux paysagers.


 

OBJECTIFS

Situé à la lisière entre la ville de Perpignan et celle de Cabestany, le parc Saint Vicens, d’une surface de 5ha pour la première tranche (11ha à terme), est le fruit de deux approches conjointes, hydraulique et paysagère, relevant respectivement de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA) et de la ville de Perpignan. Au cœur de l’agglomération, il est à l’interface de typologies urbaines très disparates (grands ensembles, zones pavillonnaires, petits collectifs, vaste zone commerciale).

Le parc Sant Vicens est un projet de longue haleine d’abord porté par les riverains depuis 1987 puis par la nouvelle municipalité en 1993. Ce lieu, anciennement cultivé de vergers irrigués, a été progressivement approprié par les riverains, les écoles et les associations de protection de l’environnement. Dès les années 90, la petite parcelle déjà propriété de la ville a été fortement plantée et transformée en arboretum par le service Espace vert avec les enfants.

L’urbanisation en amont a renforcé le caractère inondable et dangereux de ce point bas, au sol imperméable, exutoire de cours d’eau (et canal d’irrigation) de la Cave. Après plusieurs années d’acquisitions foncières complexes, le projet d’aménagement global a enfin été possible.

 

 

MESURES MISES EN OEUVRE

Le projet a intégré les différentes dimensions de cette histoire du site :

  • Hydraulique : Des bassins en cascade de 37 000m3, 15 000m3 et 8 000m3 protègent la ville en aval des crues à récurrence trentennale (études et travaux menés par BRL pour le compte de PMCA). En fonction des épisodes pluviaux, les quatre bassins qui constituent le parc (y compris le parking et le stade) se remplissent les uns après les autres. En cas d’épisode faible, seul le niveau du bassin en eau varie (marnage). Il est à noter que le dévoiement du ruisseau de la Cave en aval a permis de soulager la station d’épuration, seul exutoire du site jusque-là.
  • Paysagère : Cette conception technique a été totalement réinterprétée par la maîtrise d’œuvre autour de la thématique de l’eau, conformément au programme donné par la ville et aux attentes des habitants, afin de créer un parc extensif avec prairies et boisements, inspiré des paysages naturels de bords d’eau. Les importants travaux de remblais/déblais ont aussi été l’opportunité de créer un relief au parc le protégeant des vents dominants, l’isolant d’un tissu urbain disparate, créant des points de vue panoramiques. L’arboretum a été conservé. Une trame structurante non inondable a été dessinée autour d’un axe Nord-Sud en digue et d’une allée formant une grande boucle. Le parc est constamment praticable et joue ainsi son rôle de liaison inter quartiers.
  • Participative : Dès le programme, les habitants ont été associés à la démarche et un comité de suivi s’est réuni régulièrement pour avis sur les études ou sur l’avancement des travaux. Il a notamment largement renforcé l’ambition des vocations de parc en plus de la nécessaire prise en compte du risque inondation.

L’étude puis la réalisation du parc se sont déroulées en deux étapes : d’abord la prise en compte de la contrainte hydraulique puis sa réinterprétation paysagère afin d’en adoucir les impacts et d’en valoriser les points durs incontournables. Afin de diversifier les ambiances, la création de bassins en cascade a été privilégiée. Elle permet, par le gradient de présence de l’eau (permanente, temporaire, absente), d’initier des écosystèmes variés.

Chacun de ces états de nature a une fonction :

  • Les platanes taillés en plateau forment un grand mail en entrée côté ville dense. Ils abriteront les fêtes de quartier, les bourses aux plantes, les boulistes ;
  • Les roseaux, tamaris et grandes herbes sur les berges en eau créent déjà un abri aux canards et aux poissons qui fraient dans le bassin ;
  • Les bosquets d’érables, d’aulnes, de frênes, puis de peupliers et trembles, plus bas, créent l’ombre de la grande prairie inondable, parsemée de tables de pique-nique ;
  • Le jardin des feuillages, moins inondable, rafraîchi par la brumisation, propose une promenade ombragée dans une ambiance luxuriante et dépaysante pour les heures les plus chaudes de la journée. Il pourra à l’avenir devenir jardin didactique (plus de 100 variétés présentes) ;
  • Les graminées, de tailles et de couleurs graduées, nappent les belvédères en terre issu du creusement des bassins, point d’appel depuis les entrées principales du parc. Elles jouent avec le vent, très présent dans la région ;
  • Les limites du parc sont épaissies d’une strate arbustive variée qui dessine un écrin et un filtre qualitatif avec les quartiers alentour.

Outre le jardin des feuillages, l’accent est aussi porté sur l’esplanade centrale du parc en belvédère sur les bassins. Surmontée d’une pergola, elle a vocation à devenir le point de rendez-vous, le lieu de spectacles, d’accueillir à terme une buvette. Il l’est également porté sur l’aire de jeux d’enfant traitée en clairière dans un boisement de fruitiers et arbres à fleurs et les parvis d’entrée, l’un au Sud évoquant les canaux d’irrigation par son labyrinthe géométrique de bambous nains, l’autre évoquant la place de village avec ces platanes taillés mais aussi le quai avec son mur en gabion au-dessus de l’eau.

Différents motifs viennent rappeler la présence de l’eau : les bétons imprimés dans le sol béton, les garde-corps en osier tressé, les murets d’enceinte coulés en strates successives de galets, marnes et sable évoquant les couches géologiques visibles sur les berges de rivières.

Budget de l’action : 3 600 000 € TTC (hors travaux hydrauliques : station pompage et réseaux hors parc).

 

RESULTATS

Toutes les solutions techniques se sont inscrites dans une approche de développement durable conformément à la convention Grenelle 2015 signée entre la ville, l’agglomération et le ministère de l’environnement et du Développement Durable :

  • Création de sols fertiles (avec l’assistance à Maîtrise d’Ouvrage du bureau d’étude spécialisé Sol Paysage) : Un partenariat a été mis en place avec le SYDETOM pour la fourniture de compost et de paillage végétal (refus de criblage) issus des déchets verts de l’agglomération. Déjà, on observe une très forte reprise des végétaux. Tous les déblais ont été valorisés sur site. Aucun fertilisant chimique ne sera nécessaire et pour longtemps.
  • Gestion de l’eau : Le bassin en eau, rempli par les eaux pluviales et les eaux d’irrigation (réseau de las Canals géré par la Ville de Perpignan), alimente le réseau d’arrosage du parc via une station de pompage. Seule de l’eau brute, issue des écoulements de surface, est utilisée.
  • Gestion de l’arrosage : Un dispositif de tensiométrie recueille les besoins en eau des plantes directement dans le sol par des sondes et ajuste en temps réel la programmation d’arrosage. D’importantes économies d’eau sont réalisées de la sorte. En cas de pénurie, tous les végétaux plantés, méditerranéens, résistent à une éventuelle sécheresse.
  • Gestion phytosanitaire : Toutes les plantations ont été paillées, limitant ainsi l’évaporation, le désherbage et favorisant la vie microbienne du sol. Aucun désherbant chimique ne sera nécessaire.
  • Le bois utilisé pour le platelage, l’esplanade, les pontons et la pergola est issu de forêt PFCE géré de façon durable. Non traité, le mélèze utilisé est naturellement classe 3.
  • Les entreprises ont toutes embauché du personnel défavorisé dans le cadre de la clause d’insertion imposée par la ville.
  • Un plan de gestion élaboré avec l’équipe de maîtrise d’œuvre, assisté du BET spécialisé Aphylanthe et des jardiniers affectés sur le site. Il a été affiné à chaque saison pendant un an.

 


 

Guilhem HUGOUNENC, Directeur Cadre de Vie, Ville de Perpignan

Hugounenc.guilhem@mairie-perpignan.com

04 68 66 32 56