Orléans "ville jardin". Les bienfaits de la nature en ville

2015
Aménagement du territoire : Démarches de planification en faveur de la biodiversité
Orléans (Loiret)
Communes de plus de 100 000 habitants

Organisme en charge de la mise en œuvre : Mairie d'Orléans.

Services de la collectivité associés : Direction de l’espace public et de la qualité de la ville, Direction de la planification, de l’aménagement urbain et de l’habitat, Muséum d’Orléans, Direction de la vie des quartiers et de la démocratie locale, Direction de l’Information et la Communication, Direction de l’Environnement et de la Prévention des risques.

Budget de l’action :

Inventaires biodiversité : 60 000 € par an ;

Gestion écologique des espaces publics en régie : 120 145 € par an ; 

Intervention de désherbage par une entreprise d’insertion : 60 000 € par an ;

Achat de matériel innovant (débroussailleur biodiversité, monobrosses hydrotractées, brûleurs…) : 60 000 € ;

Sensibilisation à la biodiversité (animations, ateliers, signalétique…) : 10 000 € par an.

Partenaires financiers et techniques :

Partenaires financiers : Agence de l’Eau Loire Bretagne, Ministère de l’écologie, du Développement Durable et de l’Energie.

Partenaire techniques : Associations, dont Loiret Nature Environnement, bureaux d'études et entreprises spécialisés.

Dates de l’action :

Dès 2004, la ville a initié une démarche participative de développement durable, concrétisée en 2006 par l’Agenda 21 local.

Elle est une des premières collectivités françaises à se doter d’un Plan Biodiversité stratégique et opérationnel dès 2009, avec la Charte de l’arbre et la signature de la Charte Objectif Zéro Pesticide.

Le Plan Climat Energie Territorial a été voté en 2012 et le Plan Local d’Urbanisme en 2013.

En 2015, Orléans est reconnu Territoire à Energie Positive pour la Croissance Verte par le MEDDE.


 

OBJECTIFS

Orléans est situé à l’interface entre les grands ensembles naturels de la Beauce, la forêt d’Orléans et la Sologne. La Loire traverse l’agglomération et joue un rôle primordial de corridor écologique. Bien qu’urbanisé à plus de 80 %, le territoire est maillé de nombreux parcs publics et jardins privés, de plus de 25 000 arbres publics et de sites naturels et agricoles, favorables à la biodiversité. Véritables atouts du territoire et enjeux des politiques publiques, ces espaces verts font d’Orléans une « ville jardin ».

Les objectifs fixés par la collectivité à travers ses documents stratégiques concourent à la construction d’un cadre de vie attractif et de qualité, une prise en compte de la biodiversité locale et la lutte contre les effets du changement climatique.

 

MESURES MISES EN OEUVRE

Orléans conduit à cet effet une démarche multifonctionnelle et transversale qui vise à connaitre, développer et maintenir la nature en ville.

Inventaires et suivis de la biodiversité en ville sont réalisés sur 16 sites remarquables du territoire depuis 2010 (soit 600 ha), en partenariat avec les acteurs locaux de la connaissance du patrimoine naturel. Le Muséum d’Orléans, pilote de ces études, et Loiret Nature Environnement disposent de données sur une durée de 60 ans, caractérisant l’évolution des espaces verts et des espèces sauvages qualitativement et quantitativement.

Pour répondre au défi climatique, la place du végétal en ville est primordiale.  Toute une série d’actions est donc déployée, de la conception à la gestion des espaces publics, pour favoriser la nature en ville et en maximiser les bienfaits.

Une large place est ainsi faite à la végétation afin de réguler le climat local et d’améliorer la qualité de l’air, créant une ambiance atmosphérique satisfaisante pour la santé. C’est pourquoi des arbres sont plantés partout où cela est possible dans le cadre des projets de quartiers ou lors des réaménagements, pour constituer des îlots de fraicheur. Des bâtiments récents ont été construits avec des toitures ou des façades végétalisées (complexe sportif et médiathèque à la Source, écoles Pauline Kergomard et Olympia Cormier…). A l’instar de ce qui a été réalisé pour la deuxième ligne de tramway, des plantations résistantes à la sécheresse et peu allergisantes sont privilégiées.

Depuis cinq ans, l’espace public est géré sans produit phytosanitaire. Dans une logique de développement durable, des solutions alternatives sont mises en place : gestion différenciée, désherbage manuel et thermique, plantation de prairies fleuries, de plantes grimpantes et de couvres sols, entretien et renouvellement du patrimoine arboré (Charte de l’arbre), gestion raisonnée des cimetières et des terrains de sport, Protection Biologique Intégrée, gestion alternative des eaux pluviales, opération « Embellissons nos murs » (végétalisation participative avec les habitants) et jardins partagés… Du pastoralisme urbain est à l’étude.

Par ailleurs, à travers le PLU, Orléans affirme son identité de ville-jardin tout en maîtrisant son développement urbain. Le PLU intègre des dispositions visant d’une part à la réduction des consommations d’énergie, et d’autre part à l’adaptation aux changements climatiques et à leur atténuation. Des leviers sont actionnés permettant de renforcer la prise en compte du développement durable, de matérialiser la trame verte et bleue en « pas japonais » et de préserver la nature en ville, notamment par « l’emprise jardin » (coefficient de biotope) et par la protection des cœurs d’îlots.

En cela le PLU d’Orléans, approuvé en 2013, préfigurait la loi ALUR de 2014.

Ces dispositifs innovants viennent s’ajouter à des outils plus classiques (EBC, protection des arbres isolés, zonage).

Lors d'opérations de développement urbain, les continuités écologiques entre les parcs ou espaces de nature sont identifiées et prises en compte, afin d'être préservées, voire développées.

 

RESULTATS

Toutes ces actions assurent la préservation et l’entretien durable et écologique des espaces publics, tout en contribuant à leur embellissement. Ces solutions concrètes permettent aussi de répondre au défi climatique en participant directement à l’atténuation des effets du changement climatique : les espaces verts, la forêt urbaine et plus globalement le végétal en ville permettent de réguler le climat urbain local, de diminuer l’effet îlot de chaleur urbain et d’améliorer la qualité de l’air.

En effet les plantes humidifient et refroidissent l’air, luttant ainsi contre les microclimats engendrés par la densité urbaine. Espaces verts et toitures végétalisées limitent les espaces imperméabilisés et diminuent les rejets en égouts. Au delà du confort qu’elle apporte, la végétalisation concourt aux économies d'énergie en isolant thermiquement murs et toitures. Elle permet enfin d’améliorer la qualité du paysage et favorise l'intégration du bâtiment dans l'environnement urbain.

A l’heure où la demande des citadins en coins de nature s’accroît, les solutions fondées sur la nature, comme celles développées à Orléans, apparaissent comme une des réponses opérationnelles au défi climatique.

 


 

Anne TROUILLON, Chargée de mission biodiversité, Direction de Environnement et la Prévention des Risques, Ville d’Orléans

atrouillon@ville-orleans.fr

02 38 54 93 65