EcoQuartier de la Bottière Chenaie

2015
Aménagement du territoire : Démarches de planification en faveur de la biodiversité
Nantes Métropole (Loire Atlantique)
Intercommunalités

Organisme en charge de la mise en œuvre : Nantes Métropole est le donneur d’ordre

Partenaires financiers et techniques : Jean-Pierre PRANLAS-DESCOURS (urbaniste), SCE (bureau d'étude voirie et réseaux). La conception et le suivi des espaces publics, parc, squares, voies, ouvrages de gestion alternative des eaux pluviales est entièrement réalisée par l’Atelier de Paysages Bruel-Delmar.

Financement : Cessions - Ville de Nantes - Nantes Métropole.

Dates de l’action : 2002 - 2018


 

OBJECTIFS

Bottière Chénaie constitue l'un des grands secteurs d'urbanisation en cours de l'Est de Nantes. Ce nouveau quartier accueille aujourd'hui 3000 habitants, et en comptera environ 5000 à échéance 2020. La stratégie de construction de logements se base sur une logique d’associations de différentes typologies de logements : logements collectifs avec loggias-terrasse, logements intermédiaires (logement du parc locatif dont les niveaux de loyers se situent entre le marché social et le marché libre) et logements individuels denses.

Le projet d’aménagement a souhaité également s’appuyer sur l’histoire du site : rappel des anciens enclos maraichers marqués par des murs de schiste gris et réouverture du ruisseau des Gohards ; tout en s’attachant particulièrement à la gestion alternative des eaux pluviales en surface.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE

L’un des objectifs principaux de l’aménagement de l’EcoQuartier est donc la gestion alternative des eaux pluviales en « zéro tuyau ».

Cette récolte des eaux pluviale se fait conformément au dossier de loi sur l’eau de la ZAC et utilise plusieurs outils de vocabulaire de stockage des eaux :

  • Les noues végétalisées, peu profondes et acceptant une végétation herbacée de type Phragmites pour les axes Nord-Ouest / Sud-Est ou une végétation plus ornementale pour les noues qui accompagnent les voies Sud – Ouest / Nord – Est. Ces noues stockent peu mais transportent les eaux récoltées sur l’espace privé et sur l’espace public.
  • Les noues dites profondes dont le rôle est le stockage des eaux pluviales (Rue de la Sècherie, Ilot du centre commercial). Plus profondes, leurs rives sont maintenues par des fascines de saule ou de châtaigner ou encore par des gabions de pierre. Leur fond est également tapissé par une végétation herbacée de type phragmites nécessitant peu d’entretien (un faucardage annuel). Ces espaces sont accessibles à des engins d’entretien par le biais de rampes.
  • Un canal maintenu en eau le long du mail nord, qui affirme le caractère urbain de cet espace public. Ce canal a été végétalisé par des plantations ornementales permises par la faible profondeur d’eau. Son profil suivant la pente permet, par le biais de seuils fixes, un marnage pour le stockage des eaux de ruissellement du bassin versant concerné.
  • Des bassins parfois à sec, aux pentes très douces, qui sont créés dans les espaces végétalisés du parc sud. Ces milieux humides constitueront autant de nouveaux foyers de développement de la diversité propres aux bords des eaux.

Le ruisseau des Gohards, qui traverse le site, a été partiellement rouvert. Des gués et des passerelles permettant de traverser le ruisseau ont alors été créés. L’eau du ruisseau des Gohards est alors traitée naturellement par les plantes fixatrices des pollutions (phytoremédiation).

Le ruisseau des Gohards ouvert à l'air libre devient 'l'axe majeur' et le nouvel élément d'identification du quartier. La découverte en cours de chantier de la roche mère a permis par un réajustement du projet de conserver les massifs de schistes comme écrin de cette eau retrouvée et parler de cette géologie fondatrice du site et de son occupation.

Le travail de traitement de l'eau, initialement envisagé comme souterrain dans un bassin en béton de filtration, décantation-apaisement a été modifié pour un choix d'expression aérienne et plus naturelle. Les raisons sont à la fois techniques (vers une plus grande simplicité), économique (réduction importante du coût) et idéologique (les pollutions sont vues et les pollueurs montrés du doigt).

La générosité et la diversité des modes de traversé du ruisseau font de ce qui pourrait être un obstacle, un pôle de développement de la vie du quartier.

Un effort a également été porté à la limitation de l’imperméabilisation, notamment grâce à la mise en place de parkings en pavés de grès breton non-jointés et de jardins de pluie en schiste local pour l’infiltration des eaux (certains de ces jardins sont inaccessibles au public mais visibles).

Des terrasses ont été végétalisées (graminées) avec un système de drainage, et une partie des toitures accueille des panneaux solaires pour l’eau chaude.

De plus, sur les autres espaces, l’EcoQuartier comprend des zones laissées en évolution libre, sorte « d’enclos de biodiversité » délimités par de la ganivelle de châtaigner, le reste étant géré par le service Espaces verts de la ville de Nantes avec un entretien rustique. Des arbres fruitiers (poiriers) palissés sont utilisés comme clôture. Des jardins familiaux ont également été mis en place. Ils intègrent de la récupération des eaux de pluie grâce à la réutilisation des anciennes citernes (puits ou réservoirs) des maraichers auparavant en place et un système de pompage éolien.

L’ensemble du quartier est classé « zone 30 » et la voirie est partagée entre vélo, piétons et voitures.

Budget de l’action : 50 M€

 

RESULTATS

Le quartier fonctionne aujourd’hui très bien grâce à des aménagements de gestion alternative des eaux pluviales qui permettent aussi une mise en valeur du cadre de vie grâce à la multifonctionnalité des espaces.

 


 

Atelier de Paysage Bruel-Delmar

01 47 00 00 51

http://www.brueldelmar.fr/